Le 28 octobre 2025, OpenAI a finalisé une restructuration historique qui transforme en profondeur sa gouvernance. La société à but non lucratif qui contrôlait auparavant l'intégralité des profits futurs devient actionnaire minoritaire d'une nouvelle société à profit non plafonné, évaluée à 500 milliards de dollars.
Un changement de structure radical
Depuis sa création en 2015, OpenAI fonctionnait selon un modèle unique : une organisation à but non lucratif supervisait une filiale commerciale soumise à un plafonnement des profits. Les investisseurs ne pouvaient obtenir qu'un retour limité sur leur investissement, le reste devant revenir à l'humanité via l'organisation à but non lucratif.
Cette structure visait à garantir que le développement de l'AGI profite à l'ensemble de l'humanité, et non aux seuls actionnaires. Greg Brockman, président d'OpenAI, déclarait en 2019 :
« Si nous réussissons, nous créerons une valeur bien supérieure à celle de toute entreprise existante, auquel cas une grande partie sera rendue au monde. »
Aujourd'hui, ce plafond a disparu. La Fondation OpenAI, nouveau nom de l'organisation à but non lucratif, détient désormais 26% du capital d'OpenAI, soit environ 130 milliards de dollars. Microsoft, principal investisseur, obtient 27% pour 135 milliards de dollars. Les 47% restants sont répartis entre employés et autres investisseurs.
Certains analystes qualifient cette restructuration de potentiel vol massif au détriment du bien public, estimant que des centaines de milliards de dollars qui devaient revenir à l'humanité sont désormais accaparés par des investisseurs privés.
Les implications pour la sécurité de l'IA
Cette restructuration soulève des points critiques pour la sécurité de l'IA :
Une transparence compromise. En abandonnant son statut non lucratif, OpenAI prive le public d'un regard, déjà bien fragilisé, sur la direction de la compagnie. Cette dernière peut désormais plus facilement développer des modèles expérimentaux aux capacités bien supérieures à celles connues du public sans l'en avertir ni les soumettre à des évaluations indépendantes.
Des pressions financières. Malgré les clauses protégeant les décisions de sécurité, l'histoire récente de l'IA montre que les impératifs économiques finissent toujours par éroder les garde-fous. Avec une valorisation de 500 milliards de dollars, la tentation de privilégier la vitesse sur la prudence sera d'autant plus intense.
Au-delà du cas OpenAI, cette restructuration crée un précédent préoccupant. Elle démontre qu'une organisation fondée explicitement pour développer l'IA dans l'intérêt général peut, en quelques années, pivoter vers un modèle commercial classique tout en conservant le vernis d'une mission philanthropique. |