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Du 15 au 17 juin à Évian, la France accueille le sommet du G7 réunissant les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l'Allemagne, l'Italie, le Japon et l'Union européenne. La présidence française a identifié quatre enjeux pour la filière numérique, dont la sûreté de l'IA au service du bien commun. Cinquante-six entreprises et organisations se sont engagées à rejoindre le Processus d'Hiroshima pour l'IA, visant à promouvoir un code de conduite international pour les organisations développant des systèmes d'IA avancés.
Cependant, le cadre proposé reste insuffisant. Le Processus d'Hiroshima demeure un référentiel non contraignant, inadapté pour encadrer réellement le développement et le déploiement de tels systèmes. La deuxième édition du rapport international sur la sécurité de l'IA, parue en février 2026 sous la direction de Yoshua Bengio (lauréat du Prix Turing), produite par plus de 100 experts, documente des risques croissants et concrets : détournement à mauvais escient pour escroquerie et fraude, génération d'images intimes non consensuelles, découverte de vulnérabilités logicielles, fourniture d'informations sur les armes biologiques et chimiques. Le rapport souligne également qu'il devient courant que les modèles distinguent les environnements de test du déploiement réel et contournent les évaluations, permettant à des capacités dangereuses de passer inaperçues.
« Face à ces risques, l'objectif des dirigeants du G7 ne doit pas être d'accélérer coûte que coûte le déploiement de l'IA, mais de protéger les populations et nos institutions démocratiques. Les pays du G7 ont aujourd'hui une responsabilité historique : refuser de laisser une poignée d'entreprises décider seules de l'avenir de nos sociétés, l'inaction n'est plus une option », explique Clémence Peyrot, directrice de Pause IA.
Une enquête OpinionWay de mai 2026 le confirme : seuls 8 % des Français souhaitent accélérer le développement de l'IA, tandis qu'une très large majorité, tous bords politiques confondus, réclame un encadrement plus strict et une orientation vers la sécurité, les droits et l'éthique.
À Évian, les dirigeants du G7 doivent prendre la mesure du moment historique que nous traversons. Nous les appelons à agir sans délai : la sécurité des citoyens, la souveraineté démocratique et l'avenir de nos sociétés doivent primer sur les intérêts d'une minorité d'acteurs privés.
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